Dialogue au Cameroun : Jean Claude Mbede Fouda « Certains veulent faire le dialogue contre le Gouvernement »

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Jean Claude Mbede Fouda

Journaliste reconverti dans la diplomatie depuis son exil en 2008 en Italie, l’ancien correspondant de Voice of America et Radio vatican, ex pionnier de STV et Fondateur de Radio fm Liberté parle du « Grand Dialogue National » convoqué par le Président de la République,Paul Biya, comme l’occasion de la denrière chance pour le Cameroun.

Le journalisme finalement mène à tout. A partir de l’exil. Mais aujourd’hui, il parle des raisons toujours floues de son départ du Cameroun avec un sourire en coin, qui relègue ce moment de sa vie au passé. Parceque, entre 2008 et 2019, Jean Claude Mbédé Fouda, 39 ans, est passé d’exilé politique dans une Italie où, comme on le lira aura été un choix prémonitoire dicté par l’instinct. Un choix heureusement gagnant puisque, dans la belle péninsule, le camerouno-italien est aujourd’hui un des étrangers les plus influents dans la sphère politico administrative. Oubliez donc le jeune journaliste qui arpentait les rues et bureaux de Yaoundé ou des seminaires avec un micro estampillé « VOA ». C’est un haut cadre accompli de l’administration publique italienne, expert au bureau de coopération des ambassades d’Italie en Ethiopie et en Tunisie entre 2014 et 2017. Il a donc pu suivre de près les difficiles pourparlers de Paix au Sud Soudan et en Libye. Consultant International pour les Nations-Unies au Moyen Orient, il a dû regagner l’Italie l’année dernière pour des raisons personnelles. Après cette expérience diplomatique, il a obtenu en octobre 2018 un Master Degree international en gestion des Opérations Humanitaires d’Urgences en zones de conflits, aupès de la Social Change International School of management de Madrid. En 2013, il était déjà devenu le premier africain membre titulaire de l’Ordre National des Journalistes. Ses postures sur les réseaux sociaux où il est très suivi, en ont fait un des pilliers du futur « Grand Dialogue National » au niveau de la Diaspora.  Entretien exclusif avec Afriquepremiere.net

A une cérémonie de remise de diplômes à Tunis

Le président de la Republique a décidé de convoquer un dialogue au Cameroun. Dans quel contexte pouvons-nous situer cette initiative?
Le Cameroun traverse une forte crise sécuritaire marquée par les incursions des bandes armées à l’EST, Boko Haram au Nord et , recemment, le déclenchement des hostilités entre des groupes armés et les forces armées républicaines dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest. Si les deux premières situations perçues comme une agression étrangère de l’intégrité territoriale ont reçu une forte adhésion populaire, la situaion dans les régions anglophones l’a été beaucoup moins. Il s’agit d’une situation complexe d’un Etat qui a dû mobiliser l’armée républicaine contre certains Fils et filles de notre Pays. On est dans une situation de  crise interne  comme dans un mariage, où, en écoutrant les deux conjoints on se rend compte que chacun des deux a des raisons valables qui justifieraient ses actions. C’est à ce niveau que de manière anthropologique, ce genre de situation ne peut être réglée par la force. Il faut user de nos traditions et coutumes africaiens, convoquer toute la famille autours de l’arbre à palabre pour discuter de la situation. C’est le sens que nous donnons à ce dialogue.
Beaucoup pensent qu’on ne doit pas discuter avec ceux qui ont pris des armes contre la République…
En tant que citoyen je fais confiance à l’apréciation du Président de la République qui a tous les leviers pour une vision panoramique du Pays dont il a la charge. La gestion des conflits implique beaucoup de paramètres. Il n’ya pas lomngtemps, le président américain a reconnu avoir empêché le bombardemdent d’une base iranienne quand il a su le nombre de victimes que ce bombardement de !”caprice” aurait causé juste pour asseoir la suprématie de l’armée americaine: En situation de conflict, il ya donc ce que nous appelons “accessment”. Il s’agit d’une collecte de toutes les données: stratégiques, humanitaires, sociologiques, anthropologiques, politiques. Le Président de la République a pris trois ans, pour aller au-dela de ses conseillers,. Il a entendu la communauté internationale et la société civile. Il a la stature d’un Coordonnateur de projet/programme d’émergence , surtout au vu des dégats humanitaires causés par ce conflit inutile.

Quelle est selon vous la probalibilité pour que ce “grand dialogue” puisse être un succès?
LEs déclarations des belligérants sont le premier motif d’optimisme. J’ai lu une récente sortie d’un des leaders séparatistes actuellement incarcéré qui disait ne rien avoir contre le président de la Républqiue. Il affirmait que le problème était de discuter. Discuter des problèmes de sa communauté. Depuis l’annonce de ce « grand Dialogue National », j’ai également entendu les postures des figures importantes de ces régions du Cardinal Tumi, au bâtonnier Akere Muna en passant par la Jeune garde telle que le Leader du Consortium des avocats Agbor Bala. Voyez vous, vous avez des camerounais qui sont contents de dialoguer. Celà est encourageant et augure de resultats importants.
Il a également eu des réserves de la part de certains politiques.
La plupart de forces politiques ont marqué leur adhésion au dialogue. Ce d’autant plus que , à ce jour, ils n’ont pas d’autre choix. Pendant trois ans, tout le monde a demandé ce dialogue présenté comme la seule issue et plusieurs ont fait du dialogue leur “pass” pour leur lobbying à l’étranger. Or les chancelleries internationales ont usé de ce terme”dialogue” pour faire une pression forte sur le gouvernement. SI ceux qui ont réclamé le dialogue sont sincères, eh bien, ils doivent crier victoire. Mais il me semble que plusieurs parlaient du dialogue comme d’autres utilisaient la crise anglophone à d’autres fins. D’autres pensent même que le dialogue doit se faire contre le gouvernement ou que ce sont eux qui doivent donner le tempo à ce dialogue. Mais partout où j’ai été, je ne connais de dialogue qui ne soit impulsé par le gouvernement. Le dialogue doit donc être un espace d’écouter et d’échanger, de propositions pour arriver à des solutions en faveur de la PAIX au cameroun. Si  les forces politiques et les autres iront à ce dialogue avec leurs propositions concrètes, sans perdre le temps à faire des invectives, on a toutes les raisons d’être optimiste.

Est ce que le Gouvernement en président le dialogue ne sera pas juge et partie?
Le cameroun n’a pas de problème institutionnel, administratif. Il ya ici un gouvernemnt démocratiquement élu que personne même pas la commaunauté internationale ne conteste. LE Président Biya est reconnu comme étant le Président de la République. Justement, la Communauté internationale demande au Président fort de sa legitimité de se mettre au dessus de la mêlée.
Mais il ya également une crise post électorale avec des leaders de l’opposition en prison…
LA crise post électorale n’existe pas et n’a jamais existé. Un parti politique et son candidat, le MRC, ont voulu créer une situation de crise post électorale,en prévision d’éventuelles metéo politiques dans le pays. Maurice Kamto est un illustre juriste. Il sait que le Cameroun vit un septennat déterminant qui va connaître des bouleversements importants y compris au sommet de l’Etat. Il a voulu se positionner comme une figure politique forte en vue du dialogue. Mais chemin faisant, dans sa strategie, il a commis plusieurs impairs de droits communs qui le mettent aujourd’hui entre les mains de la justice. Il ne s’agit donc pas d’une affaire politique. Son parti , le MRC l’a compris en acceptant d’adhérer au dialogue, seule voix de salut pour tout le monde. Le DIalogue pourrait permettre au participant de recommander une amnistie. Le Président Biya a parlé de pardon, mais sous certaines conditions. Celà va de soi…

Que pensez-vous du fait que le dialogue soit présidé par le Premier Ministre?
Comme je vous l’ai dit, c’est le gouvernement qui impulse et orgnaise le dialogue. Il choisit les thèmes à debattre. La communauté internationale sera invitée comme observatrice, pour ne pas s’immisser dans les affaires internes d’un Etat qui n’a pas de problème de crise électorale, mais des dissensions internes regardant la gouvernance et la repartition des richesses. Je pense pour ma part que le Président de la République a bien fait de laisser les citoyens discuter librement avec le gouvernement. Cette position « super partes » de Père de la Nation lui sera favorable pour mettre en œuvre les résolutions de ce dialogue. Permettez-moi d’y voir un clin d’oeil politique pour les anglophones. Paul BIya ne cite jamais ses responsables. Mais il a parlé avec emphase de son premier ministre. Ce fût une facon de l’adouber publiquement. Il ira donc à ce dialogue avec toute la puissance d’un tel pouvoir publiquement reconnu par le chef de l’Etat. Encore une fois, il ne sera pas question d’invectiver, mais de débattre, discuter, analyser les problèmes et formuler des solutions.
Vous au niveau de la Diaspora, comment entrevoyez-vous ce dialogue et son organisation?
Autant pour la communauté nationale locale que pour nous qui vivons loin de notre pays, ce dialogue est celui de la dernière chance. Nous avons là, enfin l’occasion de poser nos problèmes. J’irai à ce dialogue pour poser le problème de la double nationalité. Il faut également examiner le problème de certains d’entre-nous qui sommes en exil pas à cause du Président de la République mais à cause de certains membres de son système qui nous terrorisent. A l’heure du pardon et de la réconciliation, je dois rentrer au Cameroun enterrer les miens qui s’en vont, revoir ma famille. Je n’ai jamais rien volé au Cameroun, ni assassiner. Mais il est clair que certains membres du gouvernement en veulent à ma vie. Et je ne dois pas craindre pour ma sécurité si je dois revenir au Cameroun. Nous avons plusieurs difficultés et comme moi, d’autres personnes ont des choses à demander. Le dialogue est la plateforme idéale pour ces récriminations. Il faut y aller. Pour ce qui est de l’organisation au niveau de la diaspora, je pense que nous n’avons pas besoin de plusieurs réunions. Une semaine de débats dans un seul pays comme la Suisse et ceux qui seront invités pourraient s’y retrouver. Nous avons vu des camerounais prendre l’avion pour aller manifester à Washington. Ils ont maintenant l’occasion de dépenser cet argent pour aller poser leurs problèmes dans le cadre républicain. Au lieu de casser les ambassades, il faut aller parler à la République. Et régler directement les problèmes.
A quand votre retour au Cameroun?
C’est le gouvernement qui le sait. J’ai aprécié la main tendue du Président de la République en 2013. Lorsque j’ai reçu une lettre du Ministre d’Etat secrétaire général de la Présidence, je n’y croyais pas. Mais surtout pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui je vis dans un pays qui m’a donné la possibilité de me bâtir. D’exprimer mon talent. En attendant de mettre un jour mon expérience au service du Cameroun, je suis un citoyen italien. En attendant la double nationalité. Mais j’irai au dialogue pour poser ce problème. Je ne prendrai pas le maquis pour celà. Je suis bien intégré. Mes enfants sont italiennes, mais elles n’oublient pas les racines camerounaises. Ma fille ainée suit particulièrement le sport et la politique camerounaise. Recemment je l’ai surprise en train de fêter la victoire des Lionnes du Volley-ball. Celà m’a fait plaisir.

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