Élection Municipale 2020: Pour des maires compétents au Cameroun

Une mairie dans le Sud-Ouest Cameroun

Les élections municipales en cours vont aboutir à la désignation des conseillers municipaux. Ils éliront les maires à leur tour, par la suite. Ce seront les maires de la nouveauté administrative. Ils seront investis de plus de pouvoirs et seront dotés des moyens conséquents. Mais des hésitations précèdent leur arrivée aux affaires. Des problèmes de compétence pourront se poser.
Les hauts commis d’État ne détestaient pas la décentralisation. Ils émettaient des réserves quant au profil d’emploi des maires. Ils ont le génie militant de la parade et d’une vie à la criée. Les populations les élisent sur la base de la célébrité ou de leurs élans charitables, et non en raison des critères de compétence. L’exercice 2020 est le test de départ. Chaque commune sera renflouée de 100 millions de francs, recettes municipales ordinaires des collectes de taxe dans les gares routières et les marchés exclues. Le Fonds d’équipement intercommunal, FEICOM, y greffera aussi ses financements au titre de banque des communes. Les nouveaux maires seront défiés d’avoir la compétence de dépenser. Or, la dépense publique a ses méthodes et ses rigueurs. Une défaveur des pronostics complique le travail des maires. Les préfets ne vont plus contrôler l’opportunité de la dépense. Les maires deviennent donc maîtres. En d’autres termes, les pouvoirs publics leur délivrent un chèque en blanc en amont. Bonjour les dégâts et la casse, s’ils s’en servent comme caisse fourre-tout. Tout en aval apparaît l’autorité publique. Elle opère des contrôles de légalité.
Nul ne souhaite au pays d’avoir des maires au destin des PTT, prison tôt ou tard. Mais l’argent va les bousculer dès 2021. Le code général des collectivités territoriales décentralisées impose de leur transférer 15% du budget national. En exagérant à peine, c’est comme le cumul des fonds des ministères d’enseignement et des travaux publics. Les maires auront la peau sauve à quelques conditions. La première concerne la formation. Ils doivent apprendre le permis et l’interdit pour se déployer avec sérénité. Aucune communauté d’idiots n’existe. La deuxième condition porte sur l’accompagnement et l’implication réelle des conseillers municipaux. Nombre de maires cessent de les saluer au lendemain de leur désignation. Le troisième critère réclame la participation des riverains. Il n’est pas question de leur offrir un stade de football quand la localité s’attend à une salle de classe. La quatrième recommandation établit la collaboration avec la société civile. Les associations ne sont pas des démembrements d’une opposition politique sournoise. Elles aident à détecter les échecs à l’effet de prendre des mesures correctives. La cinquième « ordonnance » est un carnet de santé mentale. C’est cesser de regarder la mairie comme une récompense politique du type vache à lait. L’urgence demande de la configurer en projet de développement. Il s’agit surtout de capter les dividendes de la coopération décentralisée. L’heure des jumelages avec l’Occident a sonné. Le mode d’emploi est disponible dans le guide de la coopération décentralisée.
Essamfan Mengo

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