CEEAC : Danielle NLATE dresse le bilan de la FOTRAC 2021, des éclairages édifiants et révélations exclusives

 

Quelques jours après la clôture, le 29 août 2021, de la Foire Transfrontalière d’Afrique Centrale(FOTRAC), organisée par le Réseau des Femmes Actives d’Afrique centrale(REFAC), Danielle NLATE la présidente de ce Réseau s’est confiée  à notre rédaction. Pour faire le bilan de la 12è édition de la FOTRAC organisée du 19 au 29 août 2021 à Kye-Ossi la ville des trois frontières Cameroun, Gabon et Guinée Equatoriale. Une interview exclusive dans laquelle la présidente du REFAC apporte des éclairages édifiants et fait en même temps des révélations inédites sur l’organisation de ce grand évènement sous régional.

Entretien avec Ericien Pascal Nguiamba Bibiang

Madame la présidente du REFAC, la Foire Transfrontalière Annuelle d’Afrique Centrale que vous organisez depuis 12 ans s’est achevée le 29 août dernier à Kye-Ossi. Quelle a été la particularité de cette 12è édition ?

La Foire Transfrontalière a débuté le 19 août avec une cérémonie protocolaire très courue le 21 août et s’est achevée dimanche 29 août par la grâce de Dieu. La spécificité de cette édition, est bien la participation de tous les pays d’Afrique centrale, les onze pays d’Afrique centrale et aussi l’implication des jeunes pour la sensibilisation sur la Covid-19 et sur les questions de l’entrepreneuriat où on devait les outiller. L’autre spécificité, la tenue de certaines activités à Meyo-Kye au Gabon  et Bitam où nous avons avec les autorités des trois  pays, traité des question de criminalité transfrontalière qui plombent les actions de libre circulation des personnes et des biens, une belle réception à Bitam, par la partie gabonaise, l’organisation de la société civile gabonaise pour la bonne gouvernance  partenaire du REFAC.

Êtes-vous satisfaite au niveau de la participation des délégations étrangères et du grand public ?

Effectivement, il y a eu une réelle satisfaction sur la participation massive non seulement des populations, le grand intérêt marqué par les participants venus de tous les horizons, malgré Covid et la présence des autorités des différents pays. C’est une édition qui rompt avec l’édition 2020, un peu  secouée par la pandémie on était bien au fait de la pandémie. Cette édition marque la progression dans le comportement des populations qui, en même temps, prennent des dispositions pour éloigner Covid mais aussi pour sortir du marasme économique que nous avons observé depuis que la pandémie a fait ses ravages  dans le monde.

Vous étiez au Gabon le 25 août et en Guinée Équatoriale le 26 août, quel était le but et l’objectif de ces importants déplacements en pleine Foire ?

Le but et les objectifs des déplacements dans les autres villes, du Gabon et de la Guinée Équatoriale, c’est justement de manifester notre désir de fédérer les pays frères et voisins, à ces frontières règnent souvent des tensions et la fermeture intempestive des frontières qui deviennent inaccessibles. Le défi de cette édition était de pouvoir traverser les frontières massivement, ces frontières  fermées officiellement et susciter l’attention des dirigeants, des gouvernants et faire le plaidoyer de cette libre circulation des personnes et des biens malgré Covid. Ces déplacements visent aussi à réaliser certaines activités de la FOTRAC dans les autres villes frontalières. Nous avons visité des villes frontaliers et des marchés en Guinée Équatoriale. la rencontre d’échange sur la criminalité transfrontalière et transnationale qui s’est faite  du côté de Meyo-Kye et le repas de l’intégration offert par la partie gabonaise à Bitam au Gabon  marquent la volonté de tous à partager et à s’intégrer réellement.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez fait face au cours de cette 12è édition ?

Nous remercions toutes les parties prenantes dont le gouvernement du Cameroun pour l’autorisation de manifester , l’accompagnement institutionnel et matériel voire financière du ministère du commerce , l’accompagnement des institutions régionales, UNOCA qui nous a doté du matériel, l’accompagnement du projet d’appui aux frontières GIZ CEEAC qui a permis la participation d’une vingtaine de membres invités étrangers et puis la mobilisation des jeunes pour la sensibilisation covid. Les difficultés restent actuelles. Le financement de l’activité. Nous avons connu de grandes avancées sur ce plan, après avoir reçu quand même un important matériel tel que des kits de formation, des tentes et la prise en charge des femmes, des représentants des pays. Maintenant la qualité de nos installations, le site, qui est toujours provisoire et qu’on construit à la va vite faute de moyens. Les moyens maintenant d’organiser parce que l’organisation sollicite beaucoup d’importants moyens pour la sensibilisation dans les différents pays et même au niveau du Cameroun dont la communication et autres.

Il se murmure l’idée d’une éventuelle délocalisation voire d’une organisation rotative de la FOTRAC dans la sous-région…Info ou intox ?

Je pense qu’on parlerait d’une organisation rotative, mais sans délocaliser la FOTRAC qui a quand même été institutionnalisée depuis par le gouvernement du Cameroun. Nous avons proposé à ceux qui en ont fait la demande de réaliser tous les 6 mois une activité à d’autres frontières ou sur d’autres frontières, mais la FOTRAC Kye-Ossi  ville zone des trois frontières reste la FOTRAC mère. On devrait juste utiliser l’instrument FOTRAC comme un instrument mobilisateur sensibilisateur de plaidoyer aux autres frontières et la grand-messe à Kye-Ossi annuellement. Donc la FOTRAC est de nationalité camerounaise même si elle a la vision panafricaine, Afrique centrale et même continentale. Ce serait des manifestations sporadiques sur d’autre frontières parce qu’on ne peut pas aller à l’aventure sans maitriser les tenants ni les aboutissants. On aura à faire à nouvel environnement à chaque fois, à de nouvelles personnes et on ne sait pas trop comment ce serait accueilli. Donc la sagesse recommande que nous nous accrochions à la mère qui est Kye-Ossi et que sporadiquement nous partions vers les autres pour les ramener sur la grande plateforme annuelle.

Pour une FOTRAC encore plus réussie à l’avenir, quel message lancez-vous aux dirigeants de la CEEAC ? Et aux opérateurs économiques de la sous-région Afrique centrale ?

Pour une FOTRAC plus réussie, nous lançons juste un cri à l’endroit des gouvernants déjà qui devraient s’approprier ce mécanisme qui pourrait aussi travailler pour le réel épanouissement de la vision Zlecaf, zone de libre-échange continentale africaine. Nous demanderons aux autorités  des pays d’Afrique de s’intéresser à cet élément intégrateur qui pourrait inspirer d’autres sous-régions et aussi aux partenaires techniques, financiers de faire confiance à la machine FOTRAC qui n’est pas Madame NLATE mais tout un ensemble de jeunes de femmes impliquées à la réalisation de cette activité. Nous sollicitons aussi et beaucoup plus les partenaires financiers parce que tel qu’on le disait ça demande beaucoup de réaliser une édition. Aux partenaires médias nous dirons merci pour toute leur implication et souhaitons réellement répondre aussi à leurs attentes parce ça nécessite aussi des moyens financiers de les déplacer après accréditation, de les prendre en charge. Donc tous, nous allons nous mobiliser pour sensibiliser les partenaires financiers afin que chacun puisse trouver son compte ou alors puisse être impliqué dans l’activité annuelle et même dans les activités semestrielles aux autres frontières que nous souhaitons.

Entretien avec Ericien Pascal Nguiamba Bibiang.

 

 

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