Cameroun:Patriotisme économique, le cheval de bataille de Louis Paul MOTAZE

Louis-Paul Motaze, Ministres camerounais des finances

Au regard de l’onction gouvernementale à lui accordée par le premier ministre aux fins de mettre enfin en pratique la ligne directive de l’action qu’il s’est fixée au sein de cette équipe et dont il semble convaincu d’être la seule voie du succès pour la prospérité du pays appelée de tous ses vœux par le Chef de l’Etat, Louis Paul MOTAZE tient désormais l’opportunité idoine pour faire triompher ses idées.

Depuis son entrée au gouvernement en 2007, Louis Paul MOTAZE a fait du patriotisme économique un véritable cheval de bataille avec comme socle, la promotion des champions industriels nationaux. Cette idée de réorientation radicale de la politique économique nationale vers la promotion du « made in Cameroon » longtemps tenue en marge des priorités, vient d’être en adoubée par le Premier Ministre Joseph DION NGUTE qui, lors du conseil de Cabinet Spécial du 02 juillet dernier a instruit au Ministre des Finances de lui soumettre sous quinzaine, des mesures concrètes et détaillées  y afférentes, susceptibles d’être intégrées dans la loi des finances 2021. Joseph DION NGUTE est allé plus loin en prescrivant notamment que la démarche ainsi préconisée par Louis Paul MOTAZE privilégie l’ingénierie du partenariat, en identifiant celles des entreprises publiques dont le capital peut-être ouvert au secteur privé, dans la perspective de soulager le Trésor Public et d’accroître leurs performances.

Evidemment, il avait déjà commencé à pousser ses pions vers la réalisation de cette idée depuis son séjour doublement passé à la tête du MINEPAT (Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire) où il a financé plusieurs projets et initiatives allant dans le sens de la promotion de la production locale et surtout, la transformation des matières premières locales en produits manufacturés à forte plus-value. Aujourd’hui, quiconque parcourt les rayons des supermarchés de nos grandes villes peut aisément constater la présence de produits de plus en plus issus de la transformation locale. Il existe même déjà dans certaines grandes surfaces, des rayons exclusivement réservés aux produits manufacturés fabriqués localement.

C’est dire qu’un embryon de cette dynamique de substitution progressive des produits importés par les produits  locaux existe. Elle n’avait donc véritablement besoin que d’un coup de pouce gouvernemental plus affirmé pour s’épanouir. Et le coup de pouce gouvernemental ne peut exister qu’à travers l’activation du levier budgétaire.

En effet, le budget est considéré comme l’instrument de politique économique par excellence détenu par un gouvernement pour concrétiser sa vision et apporter le bien-être à ses populations. Cela est valable dans tous les pays du monde. C’est donc fort de cette réalité que Louis Paul MOTAZE a toujours enjoint à ses collaborateurs la mise en place de mécanismes à même de favoriser un changement de paradigme en matière d’élaboration de la loi de finances. L’objectif final étant l’orientation des flux budgétaires vers la promotion de la production au détriment de la consommation. Et en toile de fond, l’équilibrage de la balance de paiement de notre pays qui, jusqu’ici subit les effets néfastes des importations massives de certains produits agro-alimentaires à l’instar du riz, du poisson, du lait, du blé etc.

Avec les nouvelles orientations que vient de donner le premier Ministre Chef de Gouvernement aucune barrière n’entrave désormais plus l’avènement de ce nouvel ordre budgétaire tant souhaité par l’actuel détenteur du portefeuille des finances. Il est question dès maintenant d’apporter l’appui budgétaire  nécessaire à la mise en place effective de promotion du « made in Cameroon ».

Sur ce plan, il convient de relever que des fondations existent déjà. Notamment avec des piliers tels que les entreprises publiques de production du riz disséminés dans les différents bassins de production (NDOP, YAGOUA, MAGA, KOUSSERI, DAMDAM, SANTCHOU etc.). Pour ce qui est du poisson, un programme d’amélioration de la production locale existe également au Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales. Des études menées montrent que toutes ces initiatives souffrent essentiellement d’un manque de ressources criard.

C’est dans ce sens que tous les espoirs sont désormais tournés vers la loi de finances 2021 qui va certainement libérer enfin les énergies nécessaires afin que vive le patriotisme économique que tout le peuple camerounais appelle de tous ses vœux. Le covid-19 peut être considéré comme une belle opportunité pour notre pays de faire éclore tout son potentiel en termes d’inventivité et d’innovation. Ainsi, si les ressources budgétaires sont libérées au profit d’une véritable politique d’import-substitution, il est fort à parier que quelques-unes des solutions endogènes mises à contribution pour lutter contre cette pandémie pourront connaître ne serait-ce qu’un début d’industrialisation. Il en est ainsi des portiques de désinfection, des visières, des respirateurs artificiels etc.

C’est donc dire que l’heure est venue pour le budget de l’Etat de redevenir véritablement un instrument au service du développement et de la croissance qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.

 

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